FORMATIONS CLINIQUES

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La psychothérapie, un acte professionnel


Logo PsyLa pratique de la psychothérapie est une histoire qui traverse le 20e siècle. Partie des découvertes de Freud, bousculée par les contestations des béhavioristes, secouée et dynamisée par les interpellations des humanistes, cette pratique s'est progressivement professionnalisée. Se dissociant parfois de la médecine, s'alliant avec elle en d'autres circonstances, obligé de se redéfinir avec l'éclosion des neurosciences et l'accent mis sur la recherche d'efficacité, le champ de la psychothérapie se trouve aujourd’hui sommé de fournir des gages de sa légitimité éthique et de son utilité sociale. C'est pourquoi l'État essaie, depuis les années 1990, de définir les frontières d'une pratique légitime de la psychothérapie et de fournir au citoyen les moyens de se prémunir contre les abus et les négligences de praticiens insuffisamment formés ou carrément irresponsables. Ainsi de l'Italie, il y a une dizaine d'années et de la France qui, depuis 2003, vit à l'heure du décret, suite au vote d’un amendement à sa Loi sur la politique de santé publique.


Au Québec, c'est depuis le début des années 1990 que divers acteurs sociaux interrogent les pratiques professionnelles en santé mentale en général et la pratique de la psychothérapie en particulier. Ces années de questionnement, de consultations, de comités d'experts et de recommandations ont connu leur aboutissement avec l'adoption de la loi 21, Loi modifiant le Code des professions et d’autres dispositions législatives dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines. Cette loi vient clarifier les champs d'exercice professionnel.  Elle identifie les activités à risque de préjudice pour le citoyen et elle réserve des actes pour ces secteurs à risque. La définition de la psychothérapie contenue dans la loi est inspirée des politiques de l'Organisation Mondiale de la Santé qui « reconnaît la psychothérapie parmi les composantes des soins pour la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux et du comportement, au même titre que le traitement médicamenteux et que la réadaptation psychosociale ». La loi 21 considère donc la psychothérapie comme « un traitement psychologique pour un trouble mental, pour des perturbations comportementales ou pour tout autre problème entraînant une souffrance ou une détresse psychologique. » Elle suppose une évaluation initiale rigoureuse, un processus interactionnel structuré, l'application de modalités thérapeutiques basées sur la communication, des moyens reposant sur des modèles théoriques scientifiquement reconnus et s'appuyant sur des méthodes d'intervention validées, respectant la dignité humaine, le cadre législatif et les règles déontologiques. On ajoute, pour en préciser davantage la singularité, que la psychothérapie est un processus qui va au-delà d'une aide visant à faire face aux difficultés courantes ou d'un rapport de conseils ou de soutien.
L'orientation de la loi respecte le pluralisme des pratiques qui, historiquement, ont établi leur légitimité épistémologique, scientifique et clinique. Les orientations humaniste, psychodynamique, cognitivo-comportementale et systémique sont nommément identifiées comme ayant « prouvé depuis longtemps leur assise scientifique, académique et associative, tant au plan national qu’international. »
Ce document est un baume pour tous ceux qui ont à coeur la qualité des services professionnels en santé mentale, car il délimite enfin ce qui constitue le champ d'exercice légitime de la psychothérapie. En outre, non seulement il précise les exigences de formation et de supervision pour accéder à la pratique de psychothérapie, mais il confirme le principe et la nécessité de la formation continue.
Au CIG, nous Temoin recevons la loi 21 comme une validation de nos politiques et de nos pratiques de formation professionnelle. Non seulement limitons-nous depuis 1991 l'accès à nos programmes de formation aux seuls membres des professions de la santé mentale, mais encore, les exigences de la formation indiquées dans le rapport recoupent en plusieurs points les contenus théoriques et pratiques de nos programmes de 1er, 2e et 3e cycle. Qu'il s'agisse du poids relatif de la formation théorique (60 %) et pratique (40 %), qui correspond à peu près exactement à ce qu'ils sont au CIG, ou des contenus centraux — phénoménologie, herméneutique, psychopathologie, développement normal et pathogenèse, neurobiologie de la psychothérapie, éthique et déontologie, etc. — c'est avec une grande satisfaction que nous constatons que les orientations que nous avons maintenues depuis 15 ans sont en phase avec le devenir de la profession. Enfin, les premières balises devant conduire à l'accréditation de formateurs et de superviseurs, aussi bien en milieu universitaire qu'au sein des écoles privées, indiquent que nous avons vu juste en instituant en 1998 un cursus de formation à l'intention des superviseurs-didacticiens.
Bref, le CIG salue dans la loi 21 un document raisonné et d'une grande rigueur, propre à soutenir la poursuite de l'excellence dans l'exercice de la psychothérapie, et dans la formation des cliniciens, aussi bien dans les instituts de formation post-universitaires comme le nôtre que dans le milieu universitaire.

Pour télécharger une copie de la loi 21, veuillez cliquer sur le lien ci-contre.  loi 21